Petites géographies poétiques du rugby – DNA

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Petites géographies poétiques du rugby, Xavier Schramm, Elya Éditions, 2025, 264p.
Vestiaires, couloirs et autres souvenirs oblongs

Alexandre Rol – 20 févr. 2026, Dernières Nouvelles d’Alsace.

Xavier Schramm voit la vie côté rugby
Xavier Schramm voit la vie côté rugby

Le capitaine du port de Saverne, Xavier Schramm, a longtemps été joueur de rugby, notamment au Mexique et au Maroc. Dans un livre récemment publié, il revient sur cette période en abordant, via sa propre expérience, la philosophie globale du monde de l’ovalie.

Xavier Schramm, avec un petit souvenir du Mexique en main, aborde le monde de l’ovalie d’une manière personnelle et atypique dans son livre. Photo Alexandre Rol

Les Savernois le connaissent surtout comme capitaine du port de la cité des Rohan. Mais il existe une époque où Xavier Schramm était bien loin du canal de la Marne au Rhin et des bateaux de plaisance. Une époque où l’Alsace lui était même quasiment inconnue, malgré son nom bien d’ici. Car l’homme âgé aujourd’hui de 65 ans a passé l’essentiel de sa jeunesse entre deux pays.

D’abord le Maroc, où il est né et a vécu jusqu’à ses 12 ans. Puis, après un intermède de deux ans en France, au Mexique, en raison d’obligations familiales. C’est à Mexico, capitale du vaste état d’Amérique centrale, qu’il a développé la passion qui ne l’a plus quitté depuis : le rugby.

En équipe nationale du Mexique

« Mon père y avait joué, et on regardait à la télévision les matches commentés par Roger Couderc », se remémore Xavier Schramm. Très vite, l’adolescent d’alors s’est inscrit dans l’équipe du lycée français de la ville. « On s’entraînait avec les moyens du bord, dans une cour en béton », sourit celui qui a rapidement pris goût à la pratique, malgré un premier match où il n’avait « rien compris ». Chose corrigée lors du suivant, marqué par trois essais inscrits par ses soins.

Le demi de mêlée a même fini par revêtir à plusieurs reprises le maillot de l’équipe nationale mexicaine, dans les catégories moins de 21 ans et seniors. Une opportunité dont la probabilité serait peu élevée aujourd’hui, mais réelle voilà maintenant presque un demi-siècle. Il faut dire qu’à cette période, l’ovalie était encore un univers amateur de niche. Qui plus est dans un pays très peu porté sur la discipline. Par la suite, l’homme a continué à exercer ce sport au Maroc, où il est retourné vivre, puis en Île-de-France. En 2008, il a, en outre, été l’un des fondateurs du Rugby Club de la Licorne de Saverne.

Un parcours sur lequel Xavier Schramm revient dans son livre récemment publié, Petites géographies poétiques du rugby, vestiaires, couloirs et autres souvenirs oblongs. Pas totalement une autobiographie, encore moins un ouvrage technique, mais une ode au ballon ovale et à ses codes si spécifiques. « C’est un bouquin sur la nostalgie, le souvenir, la camaraderie et sur les valeurs qui ont traversé l’histoire du rugby », résume l’auteur.

Nostalgie et camaraderie

Les lieux emblématiques de cette activité, pas seulement le terrain, y sont passés au crible, présentés avec une dimension presque spirituelle, à l’instar des vestiaires et du couloir menant à la pelouse. De nombreuses citations de poètes et écrivains sont d’ailleurs disséminées au fil des pages, tout comme des photographies de Xavier Schramm, ballon entre les mains. Symboles d’un temps plus authentique aux yeux de ce dernier, désormais révolu.

Il aborde en effet « l’aseptisation » de ce monde, où caméras et médias sont de nos jours omniprésents, quitte à briser, ou à tout le moins atténuer, ce qui constitue son essence. Mais une chose reste certaine, selon lui : si la philosophie rugbystique était appliquée dans la vie de tous les jours, c’est toute une société qui se porterait mieux.

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