Du Bien Commun, Jacques Rollet, Elya Éditions, 2025, 144p.
Pour une véritable connaissance du politique
Par Christophe Geffroy, La Nef n°389 Mars 2026, p.39.
Voilà un petit livre très accessible pour éclairer la notion de bien commun aujourd’hui fort délaissée.
L’auteur commence par un rapide panorama de la situation de la science politique, minée par le relativisme et l’idéologie bourdieusienne du couple « dominant/dominé » qui tient lieu de paradigme indépassable pour la plupart de nos chercheurs.
Ensuite, il fait un utile détour analysant l’apport de l’étude du totalitarisme chez des auteurs comme Maritain, Arendt, Aron… La démesure totalitaire, explique-t-il, impose d’aborder la question du bien et du mal, et des valeurs qui fondent la vie commune, lesquelles sont souvent antérieures à toute argumentation rationnelle.
Une société ne peut se passer d’une telle assise qui ne peut être soumise aux aléas d’un vote majoritaire. En effet, demande l’auteur, « qui peut arrêter la volonté générale, quelle instance se situe au-dessus d’elle ? » (p. 98).
Il s’agit donc « de viser ensemble un bien véritable permettant de faire grandir le vivre-ensemble. Cela suppose de reconnaître que nous sommes constitués par une histoire, une tradition, une religion, et pas seulement par des principes de base que sont la démocratie, les droits de l’homme et l’égalité » (pp.116-117).
Une réalité qu’il conviendrait d’accepter : cela est plus facile à dire qu’à faire, tant cela suppose un reversement de nos mentalités relativistes.
